Le génocide passif
des enfants cambodgiens
Appel à un changement de la politique et de la stratégie de la médecine pauvre pour des gens pauvres dans des pays pauvres appliquées par l'organisation mondiale de la santé (OMS) et d'autres organisations.
Dr. Beat Richner, Kantha Bopha Children's Hospital
 
Phnom Penh, 15. September 1998


Une médecine pauvre pour des gens pauvres dans des pays pauvres.
Une politique qui aboutit à un génocide passif
 
La politique et la stratégie médicale adoptée dans les pays pauvres par l'OMS et ses nombreuses organisations complaisantes, est au Cambodge, à l'origine, de milliers de victimes, de milliers d'invalides et de milliers d'handicapés cérébraux.
Cette politique que nous nommons " une médecine pauvre pour des gens pauvres dans des pays pauvres ", est non seulement inefficace, mais elle met aussi en danger, porte préjudice et détruit activement des milliers de vies. Cette politique aboutit à un génocide passif. Les organisations et leurs chefs de file sont appelés à assumer leurs responsabilités, modifier leur politique et leurs stratégies.
 
Dans une large mesure, l'OMS détermine la politique du ministère de la santé du Cambodge. A titre d'exemple, les projets et les financements de la Banque Mondiale dans le secteur de la santé, sont directement sous l'influence de la politique de l'OMS, tout comme les activités de l'UNICEF dans le domaine de la santé (pharmacie de l'Unicef à Copenhague, organe central pour toutes les campagnes de soins de base des organisations de l'ONU, programmes de vaccination au niveau des districts etc.). L'OMS, la banque mondiale et d'autres organisations ont leurs bureaux au premier étage du ministère cambodgien de la santé, autrement dit à l'étage ministériel. Ils assurent ainsi une présence centrale permanente au ministère de la santé du Cambodge. De nombreuses organisations, petites et grandes, ainsi que de nombreux gouvernements de nations industrialisées et riches s'appuient sur la politique et la stratégie de l'OMS.
Nous appelons en outre l'OMS et d'autres organisations à stopper leur tendance à systématiquement diffamer et mettre en danger les institutions qui font preuve d'efficacité et disposent d'équipements et de compétences, qui dévoilent et combattent, avec succès, une terrifiante situation contemporaine de souffrance et de mort.
A quoi servira t-il de se plaindre dans 30 ans de la tragédie qui se déroule aujourd'hui et depuis ces 20 dernières années, à cause de cette politique erronée de l'OMS. Nous demandons à la communauté internationale d'avoir le courage de reconnaître immédiatement la situation dans toute sa cruauté et son horreur et d'agir correctement.
 
 
Le droit de l'enfant bafouée.
Chaque enfant a un droit à la santé (Charte des droits de l'enfant de l'ONU). Chaque enfant a droit à un traitement médical optimal (Charte de l'UNESCO). Le traitement optimal de la maladie infectieuse (90% des maladies des enfants cambodgiens) consiste en un traitement correct, contrôlé et exempt de corruption.
Exempt de corruption, cela veut dire un traitement déterminé en fonction de critères médicaux et non pas de la classe, du potentiel financier ou des relations du patient. Correct, cela veut dire que le diagnostic doit être correct, l'efficacité du traitement doit être vérifié, l'effet des médicaments contrôlé. Les moyens utilisés et les médicaments doivent être efficaces, ils ne doivent pas tuer.
Tout le reste n'est que violation du droit élémentaire de l'enfant. Les organisations internationales empêchent une médecine correcte, bafouent les droits de l'enfant.
La philosophie de médecine de base, de médecine des pieds nus, de médecine Grassroots, continue à servir de prétexte et de justification. Pourtant, il règne une véritable confusion attachée à ce concept. Il se résume tout simplement à une médecine bon marché. Il n'y aurait rien à reprocher à la médecine de base, cette médecine Grassroots ou médecine des pieds nus, pour autant qu'elle soit correcte et efficace. Dans les faits, elle n'a jamais existé. Elle est toujours demeurée au stade de propagande et de mensonges destinés à justifier une médecine à deux vitesses qui ne laisse aucune chance aux pauvres. On prétend disséminer un peu pour les grandes masses pauvres de manière à ce que tout le mode puisse en bénéficier. En d'autres termes, c'est l'inefficacité absolue. Les puissants, les classes dominantes, la nomenclature, les élites du parti et les riches sont exclus de cette stratégie de médecine pauvre, ils ont droit à d'autres critères. Les organisations internationales agissent de même, en particulier l'OMS et l'UNICEF, en imposant la médecine pauvre pour les gens pauvres dans les pays pauvres: leurs fonctionnaires ont d'autres droits, ils s'octroient pour eux-mêmes le droit à une médecine meilleure. Un privilège qu'ils n'accordent jamais aux masses pauvres pour lesquelles ils planifient. D'autres règles leur sont réservées.
 
Médecine de base pour les pays pauvres, un mensonge de la propagande à l'écho persistant et aux conséquences lourdes ... presque une parabole.
 
Liuh Shaoqi, challenger et éventuel successeur de Mao est touché par la tuberculose en 1965. Mao ordonna aux médecins de la région de ne pas se mêler du traitement de son opposant. Il n'a pourtant pas pu empêcher que son détracteur soit soigné dans un bon hôpital. Résultat: tous les bons hôpitaux ont été paralysés, détruits. Tous les médecins ont été envoyés à la campagne. Le prétexte émis se résumait à la mise en œuvre d'une médecine de base: " les médecins affluent vers les campagne en qualité de médecins pieds nus pour le bien-être des masses pauvres " (directive du 26 juin de la révolution culturelle, 1965). Cette médecine pieds nus ou médecine de base est demeurée au stade de propagande, elle n'a jamais fait preuve d'efficacité à l'échelle de la santé publique, ce qui par ailleurs n'était pas dans l'intérêt du manipulateur Mao, à l'heure de la révolution culturelle.
Les mensonges de la propagande de la médecine de base ont été repris notamment par la nouvelle gauche d'Europe occidentale (groupes de base, médecine de base), suite aux mouvements de 1968. Ils restent encore aujourd'hui en mémoire de ces héros de 68, tel un mirage nébuleux, ces héros qui ont réussi à s'assurer une existence confortable au sein des organisations internationales, des organisations d'aide ou dans les médias.
La propagande de la médecine de base a également été reprise par Pol Pot, l'élève modèle de Mao. Après avoir envoyé les médecins à la campagne, il les a évidement assassinés (900 sur 953). Sous le régime Pol Pot, la médecine de base a été célébrée avec peu pour qu'elle réponde aux besoins de tous. Tous les maux ont été soignés à coup de sirop de couleur orange, distribué à l'adolescent en cours de formation ou encore auprès des jeunes officiers Khmers rouges. Les cadres Khmers rouges, quant à eux, ont toutefois profité des soins donnés par de bons médecins chinois à Phnom Penh, puis, après 1979, par d'autres praticiens étrangers (comme se fut bien évidemment toujours le cas de Mao et bien sûr de tous les experts et fonctionnaires des organisations internationales). Les idéologues du tiers monde programment désormais la médecine pauvre pour les gens pauvres dans les pays pauvres, la médecine bon marché, qu'ils disséminent en tant que médecine de base. L'efficacité de cette pratique n'a jamais pu être prouvée depuis 1978, date de la conférence équivoque d'Alma Ata, où ont été fixés les principes et les objectifs de l'approvisionnement médical de base pour les pays pauvres, principes suivis par l'OMS, l'UNICEF et par de nombreux états, dont la Suisse. On en est resté et on en est toujours au stade des dossiers, des bilans fictifs et du tourisme humanitaire lointain.
Le seul endroit où une médecine de base a fonctionné et ne s'est pas limitée à une simple propagande, ce fut à Cuba. Che Guevara était médecin, allergologue. Il était lui-même asthmatique. Il fut l'un des premiers patients à inhaler de la ventoline. Sans ventoline, la révolution cubaine n'aurait pas pu avoir lieu car au cours même de la légendaire traversée vers Cuba, le Che fut pris d'une grave crise d'asthme. Che Guevara a toujours plaidé en faveur d'une meilleure médecine pour tous. Même sur les hauts plateaux, les paysans pauvres ont été opérés gratuitement de l'appendicite perforée, sans se demander si le prix à payer serait trop élevé en comparaison de la couverture des besoins des grandes masses. Ainsi, pendant quelques années, Cuba a pu se targuer de jouir du meilleur et du plus équitable système de santé d'Amérique latine. L'honnêteté de Che Guevara finit par devenir insupportable à Castro ; Castro qui, en mai 1998, fut fêté à Genève par l'OMS (Organisation mondiale de la santé). On connaît la destiné du Che. Avec le temps, le système de santé de Cuba s'est également effondré.
 
L'être humain n'est pas fait pour penser et pour imaginer à la dimension des masses, il doit agir pour les individus, et de manière juste pour tous. Il ne doit pas s'exclure des critères qu'il fixe aux autres. C'est ainsi que les erreurs découlant des mensonges de la médecine de base des 30 dernières années pourraient être rectifiées, des erreurs qui n'ont rien apporté aux masses pauvres ni aux individus pauvres, rien d'autre que la souffrance, la détresse et la mort.
 
Une délégation chinoise du premier et du meilleur hôpital de Pékin a été reçue récemment à Kantha Bopha. Tous ses membres ont été profondément touchés par Kantha Bopha. Ils ont dit que, chez eux, tout était gratuit pour tous, mais que l'accès était réservé aux cadres supérieurs du parti. Ils étaient touchés de voir que "même" pour une jeune fille de douze ans issue d'un milieu pauvre, on étudiait son cas au scanner: la jeune fille avait été soignée une année auparavant dans la province de Takeo à l'aide de Chloramphenicol pour une pneumonie, suite à une fièvre persistante de trois semaines. Ce jour là, elle venait à Kantha Bopha en se plaignant de forts maux de têtes. Le scanner a montré un abcès cervical tuberculeux gros comme une mandarine, des calcifications dans les poumons (preuve absolue de la tuberculose), trop petits pour être visibles aux rayons X. En résumé: grâce à la médecine bon marché pratiquée sur des enfants à l'hôpital provincial de Takeo, supervisé par la Croix Rouge Suisse elle-même, le diagnostic de la tuberculose n'a pas été émis, on a mal soigné le problème à l'aide de médicaments dangereux et bon marché pour finalement aboutir à un terrible abcès cervical inopérable. Un destin parmi des milliers d'autres comparable à celui de l'opposant à Mao, Liu Shaoqi, non pas manipulé par Mao cette fois, mais par des idéologues tiers mondistes, qui établissent un mensonge persistant de la médecine de base, sous la forme d'une médecine bon marché, dans les pays pauvres, pour les masses pauvres.
 
A quoi cela servira-t-il d'entonner dans 30 ans la complainte du génocide passif, dans 30 ans, lorsque l'histoire se penchera sur la manière dont les occidentaux ont traité ce problème trente ans auparavant, aujourd'hui donc. Il serait plus sensé d'être honnête et actif dès à présent.
 
D'où vient l'appel?
L'appel vient des hôpitaux pour enfants de Kantha Bopha à Phnom Penh, la capitale du Cambodge.
Kantha Bopha est un endroit actif en permanence où se joue une lutte rapprochée quotidienne et dramatique contre le génocide passif pratiqué sur les enfants cambodgiens.
Selon les termes d'un journal cambodgien important (août 1998), les hôpitaux pour enfants de Kantha Bopha I et II sont l'espoir du peuple cambodgien. Ils sont les seules institutions du système de santé qui fonctionnent. Pourquoi? Ici, on pratique une médecine correcte, sans corruption, pour tous les enfants, qu'ils soient pauvres ou riches. Il s'agit du seul hôpital du pays fonctionnant correctement et sans corruption, doté d'un grand centre de prévention et d'information, d'importants services médicaux et chirurgicaux. En activité depuis 6 ans, les enfants viennent désormais de partout. Les chiffres des derniers mois de juin, juillet et août 1998 révèlent non seulement l'urgence de la situation dans ce pays, mais aussi l'efficacité des hôpitaux de Kantha Bopha.
 
Juin 1998: 41"143 patients ambulants, 2"283 patients hospitalisés
Juillet 1998: 39"170 patients ambulants, 4"514 patients hospitalisés
Août 1998: 38"613 patients ambulants, 3"664 patients hospitalisés
 
Aujourd'hui, à l'heure d'écrire ce chapitre (29 août 1998), 523 enfants gravement malades sont hospitalisés. Parmi eux, signalons notamment 65 enfants souffrant d'encéphalite japonaise, 212 de fièvre de dengue hémorragique (FDH), 9 de tétanos (dont 6 nouveau-nés) et 7 de choléra. 1740 enfants malades ont été soignés à la polyclinique. 430 enfants sains ont été vaccinés.
 
Une vaccination correcte aurait permis d'éviter une partie des 65 cas d'encéphalite (JEV) et de tous les cas de tétanos.
La virulence du virus de la fièvre de dengue pourrait en outre être amoindrie par une vaccination JEV (immunité croisée entre les virus de dengue et de JEV). L'OMS refuse la vaccination JEV au Cambodge (depuis 4 ans!!!) en s'appuyant sur sa stratégie de médecine pauvre pour des gens pauvres dans des pays pauvres. "Trop cher pour ce pays pauvre", disent les experts. En voyant ces enfants gravement malades, je ne peux aujourd'hui dissimuler mes émotions. Et pourquoi pas? L'occident noble réprouve les émotions. Les experts distingués, les fonctionnaires des organisations internationales et leurs partenaires dans les ministères du tiers monde en font de même. Malgré les invitations, ils ne sont jamais venu à l'hôpital se rendre compte de la réalité tragique. L'argent et les statistiques fictives et manipulées sont des thèmes débattus froidement, dans des bureaux froids. Je n'ai pas honte de mes émotions, de ma rage et de ma colère. Il doit être question d'humanité et de sentiment pour pouvoir débattre sur le droit à la santé des enfants. Il en va de la justice et donc de la paix.
 
Sans les possibilités offertes par Kantha Bopha, 2000 enfants de plus mourraient tous les mois. Au cours des trois derniers mois, alors que l'épidémie de fièvre de dengue battait son plein, ils auraient même été 3000. L'OMS est contre Kantha Bopha. Elle dit: " le principe est fondamentalement faux, trop coûteux pour ce pays pauvre. Kantha Bopha a crée des besoins qui n'existaient pas auparavant "!!!
 
La tuberculose, le plus grand champ de mines dissimulées
On peut comparer la tuberculose aux mines antipersonnelles placées dans les enfants, qui exploseront tôt ou tard. Contrairement aux mines sur le terrain, leur explosion est programmée, tôt ou tard, leur objectif est en point de mire: l'enfant, à coup sûr. La tuberculose de l'enfant peut être définie comme le plus grand champ de mines du monde, un champ dissimulé et protégé par les organisations internationales.
Le seul moyen de lutter contre la tuberculose consiste à neutraliser tous les foyers de contagion effective et potentielle, ce qui signifie que chaque enfant infecté par tuberculose doit recevoir un traitement correct, efficace et contrôlé. Malheureusement, il n'existe pas de vaccin efficace pour l'instant.
 
La tuberculose, le champ de mines mortelles des enfants du Cambodge, est le principal problème de santé des enfants cambodgiens, du peuple cambodgien dans son ensemble. Chaque année, nous découvrons environ 5000 nouveaux cas parmi les enfants hospitalisés. L'OMS et ses nombreux experts et fonctionnaires affirment jusqu'à ce jour que la tuberculose des enfants du tiers monde n'est pas un problème, qu'elle est sans importance, inévitable et ne peut pas être traitée.
Deux raisons sont avancées:
1 La tuberculose de l'enfant n'est pas contagieuse, elle ne constitue donc pas un problème épidémiologique.
2 Les familles ne font pas assez preuve de discipline, elles ne suivent pas suffisamment la thérapie jusqu'à son terme (6 à 12 mois) (il est connu que les thérapies insuffisantes entraînent la formation de résistances).
 
Nous avons pu contrer ces deux arguments.
1 Dans un tiers des cas d'enfants malades de la tuberculose, nous avons pu prouver la contagion en laboratoire.
2 Dans notre centre pour tuberculeux, seul 5% des patients ne suivent pas la thérapie jusqu'à la fin de sa durée totale. Les parents sont informés pendant l'hospitalisation et sont renseignés sur la tuberculose dans notre centre d'éducation à la santé. Ils viennent même de très loin toutes les 3 semaines pour effectuer les contrôles, rapportent les cosses vides de médicaments et prennent les médicaments pour les 3 prochaines semaines. Les médicaments leurs sont remis gratuitement, les contrôles sont effectués sans corruption. Le prétexte du manque de discipline est un prétexte incroyable issu de l'arrogance des experts. Les échecs de nombreux programmes TB sont le résultat de la corruption et du manque de professionnalisme, ils sont à mettre sur le dos des experts et des fonctionnaires.
 
La tuberculose ne figure pas en tant que maladie dans le programme de l'OMS concernant les infections par voies respiratoires, l'une des plus importante catégorie d'infections essentielles dans les pays pauvres (IRA). Pourtant, 80% des infections de l'enfant par voie respiratoire ne sont pas de nature virale, ce sont des cas de tuberculose. Ainsi, l'OMS estime que la forme d'apparition la plus fréquente de la tuberculose, la tuberculose pulmonaire de l'enfant, n'existe pas!!
 
Kantha Bopha est toujours la seule institution du pays à diagnostiquer la tuberculose de l'enfant et à pouvoir la soigner correctement. Et la seule aussi à le faire, à agir.
Les installations du laboratoire et les équipements nécessaires au diagnostic sont coûteux. C'est ce que dit l'OMS: " trop chers, trop sophistiqués pour un pays si pauvre. Inadaptés au standard du pays ".
 
Les mines dissimulées dans les enfants.
Les calcifications pulmonaires, un indice certain de la tuberculose chez l'enfant, sont visibles aux rayons X uniquement lorsque leur diamètre ne dépasse pas 2 mm. Le scanner nous permet de distinguer ces calcifications chez de nombreux enfants. Des mines qui explosent à retardement et qui détruisent la vie. La tuberculose latente affaiblit également les défenses de l'enfant. Elle explique notamment les nombreuses glomerulonephrites (maladie rénale) qui apparaissent suite à un trouble d'équilibre immunitaire de l'enfant. Chez presque tous ces enfants, on trouve des calcifications au scanner (tomographie), preuve irréfutable de la tuberculose. Nous avons découvert que la tuberculose est à l'origine des maladies rénales.
Les innombrables abcès cutanés graves, les abcès musculeux, les abcès des tissus graisseux découlent tous directement ou/et indirectement de la tuberculose.
Ainsi, la virulence des développements de maladies virales telles que la fièvre de dengue (une petite étude effectuée en septembre 1998 montre que parmi 40 cas sérieux, 60% présentent des calcifications dans l'hile pulmonaire), l'encéphalite japonaise, les hépatites B et C, est d'autant plus brutale chez l'enfant déjà infecté par la tuberculose ou malade de la tuberculose. Il en va de même avec le typhus, la malaria et les infections très banales. Les enfants non tuberculeux possèdent de meilleures défenses. Sans oublier que la tuberculose à elle seule tue les enfants. Les innombrables méningites tuberculeuses, les innombrables abcès cervicaux tuberculeux clairement démontrés au scanner, les graves troubles pulmonaires, les graves tuberculoses miliaires, les graves inflammations osseuses, les innombrables et graves inflammations tuberculeuses du péricarde (déjà clairement détectables à l'ultrason ), entraînent en cas de traitement incorrect, la mort ou encore des cas d'invalidité très graves.
 
Le scanner est un détecteur très utile et révélateur en ce qui concerne la tuberculose.
L'acquisition d'un scanner pour Kantha Bopha II a été vivement rejetée et critiquée par tous les experts, une réaction typique. " Une folie, un luxe pour un pays aussi pauvre que le Cambodge. La médecine de pointe ou la médecine de prestige est la dernière des choses à faire pour un pays aussi pauvre "!! On veut donc préserver le champ de mines de la TB, ignorer la vérité.
Grâce au scanner, nous avons réussi à confirmer bon nombre de nos hypothèses: notamment le fait que les enfants frêles, mal nourris, ne doivent pas leur état à un manque de nourriture mais à une tuberculose latente.
 
Le commentaire du directeur de la DDC (direction du développement et de la coopération à Berne) à l'annonce de l'acquisition de ce scanner: " si je devais financer un scanner, je serais réduit en miettes par les critiques de tous mes collaborateurs, des experts et des fonctionnaires "(juillet 1996). Le président de la Confédération suisse de l'époque, J.P. Delamuraz, s'est cependant exclamé, en présence du roi du Cambodge, Norodom Sihanouk et à l'occasion de l'inauguration de Kantha Bopha II le 12 octobre 1996: " Celui qui pense que cette machine est trop sophistiquée pour le Cambodge est un néocolonialiste ".
La politique et la stratégie de l'OMS et de nombreux de ses experts et fonctionnaires est un modèle de néocolonialisme.
Lorsque l'on demande à un expert si un enfant souffrant de TB est condamné à en mourir puisque le traitement ne s'avèrerait pas pertinent pour des raisons épidémiologiques (il est de notoriété publique que les experts pensent que la TB chez l'enfant n'est pas contagieuse), la réponse est: " Hé bien tant pis " (novembre 1997)!
 
Un peuple affaibli par la tuberculose ne peut jamais faire preuve de vitalité, un peuple diminué par la tuberculose reste affligé. Il ne peut jamais jouer le jeu de la démocratie, jamais vivre en s'autodéterminant. Il reste exploité par les puissants, exploité par les riches.
 
La médiocre politique TB de l'OMS au Cambodge n'est parvenue à rien au cours des six dernières années, si ce n'est le protocole IRA qui déclare l'inexistence de la tuberculose chez l'enfant. Puis les protocoles ont interdit aux hôpitaux de traiter la tuberculose chez l'enfant. Ces protocoles (comportant notamment des critères de diagnostic insuffisants) exigent que ce traitement ait lieu dans ce que l'on appelle des centres pour tuberculeux. A l'échelon des provinces, les médicaments n'arrivent même pas jusqu'à ces centres, ils disparaissent dans la corruption et restent à Phnom Penh. Les statistiques et les bilans sont falsifiés.
 
La politique et la stratégie appliquées pour faire face au TB au Cambodge aboutissent à un génocide passif des enfants cambodgiens, à un affaiblissement du peuple cambodgien.
 
L'encéphalite japonaise.
Il y quatre ans, nous avons démontré pour la première fois au Cambodge, de manière sérologique, la présence endémique et parfois épidémique de l'encéphalite japonaise. Nous disposons désormais depuis deux ans de preuves indubitables grâce au scanner: infarctus cérébral, troubles terribles et irréversibles du cerveau chez l'enfant.
Même en cas de survie, il est exclu de vivre une vie normale, avec une intelligence normale. Durant le mois de juin 98 à lui seul, 85 enfants sont décédés de cette maladie à Kantha Bopha. Le taux de mortalité est estimé à 34%. On enregistre ici un taux de mortalité de 20%. Mais la majeure partie des enfants souffrent malheureusement ensuite durant toute leur vie de diminutions légères à graves de type neurologique, moteur et moteur-cérébral.
Il existe un vaccin efficace. Il y a trois ans déjà, l'OMS a répondu à notre appel en faveur d'une vaccination de masse par un quolibet: " pas indispensable et trop chère pour un pays si pauvre ".
 
Depuis plus d'un, à Kantha Bopha, nous vaccinons désormais nous-mêmes contre l'encéphalite. Gratuitement. Le ministre de la santé cambodgien a une nouvelle fois autorisé, approuvé et salué notre campagne. Les riches et les étrangers peuvent se faire vacciner pour 60 dollars à l'institut pasteur commercial. Personne parmi les 90% de la population pauvre ne pourrait s'offrir un tel vaccin. Nous importons ce dernier directement d'Osaka où il nous revient à 4 USD. Les membres de l'ONU et les membres des ambassades sont sérieusement invités à se faire vacciner. La politique de l'OMS, une organisation de l'ONU, abandonne les masses pauvres aux maladies mortelles. On laisse ainsi des milliers de gens souffrir et mourir dans la souffrance.
 
L'inaction de l'OMS et son désaveux de l'épidémie provoquent le génocide passif de milliers d'individus et la destruction de la substance cervicale de plusieurs milliers d'autres.
 
L'encéphalocardiopathie.
Des centaines d'enfants de moins de neuf mois, gravement malades, arrivent à Kantha Bopha en présentant le symptôme de la dyspnée, un manque de souffle. Selon les protocoles de l'OMS (IRA), cette respiration rapide équivaut tout simplement à une broncho-pneumonie. Le protocole prescrit du Chloramphenicol pour les dyspnées graves. Nous avons pu constater que tous ces enfants ne souffrent pas de maladies pulmonaires, mais d'une encéphalocardiopathie. Un double ultrason dans le cœur permet de détecter clairement une hypertension pulmonaire. La dyspnée est donc d'origine cardiaque. Les infarctus cérébraux peuvent être prouvés au scanner. Il est fort probable que cette encéphalocardiopathie soit induite par le même virus que celui à l'origine de l'encéphalite japonaise (JEV). La sérologie est partiellement JEV positive. Un enfant de moins de neuf mois réagit par des symptômes différent au virus qu'un enfant âgé de plus d'un an puisque le rapport immunologique entre les deux catégories d'âge est différent.
Dès lors, le traitement de cette dyspnée enfantine à l'aide du Chloramphenicol prescrit dans les protocoles est totalement absurde. On traite dans le vide, et de plus avec des moyens aux conséquences fatales, comme vous pourrez le constater dans le prochain paragraphe. La prescription du Chloramphenicol est fatale.
 
La prescription de médicaments inutiles et dangereux.
La liste des médicaments essentiels de l'OMS contient toujours des antibiotiques inefficaces en raison des résistances et ils présentent des effets secondaires si graves qu'ils ont déjà été retirés du trafic en occident depuis 1970.
 
Le Chloramphenicol: Résistances
Il y a quatre ans déjà, nous avons pu prouver que la salmonelle de type bactérienne est résistante au Chloramphenicol. Ce médicament est malgré tout utilisé sous forme de typhomycine par de nombreuses organisations pour soigner le typhus, largement répandu. On enregistre une résistance à 94% contre le bactrim et l'ampicilline. L'Augmentin n'agit pas, les cultures sanguines demeurent positives. Nous avons systématiquement observé cette situation sur des milliers de cultures sanguines.
Le seul médicament qui rentre en ligne de compte pour le traitement du typhus chez l'enfant est la Rocephine (un médicament très coûteux, contrairement au Chloramphenicol, au bactrim et à l'ampicilline). L'OMS plaide en faveur de l'usage du Chloramphenicol: " le Chloramphenicol est un bon médicament. Il est en plus bon marché. Dans le tiers monde, on ne peut pas se permettre d'utiliser des médicaments Rolls Royce, des médicament onéreux comme la Rocephine. "
 
Le Chloramphenicol produit des effets secondaires très graves.
 
En Europe et aux USA l'utilisation du Chloramphenicol pour les enfants a été retiré de la circulation en 1970. Les effets secondaires tels que l'aplasie passagère de la moelle osseuse, l'aplasie irréversible de la moelle osseuse, ou encore l'anémie isolée sont connus. Nous avons vu perdre leur sang et mourir des centaines d'enfants à Kantha Bopha des suites de cette complication médicale survenue dans des cliniques extérieures: il n'existe pas de traitement contre cette complication.
Les risques pour un enfant cambodgien de mourir de ce médicament sont d'autant plus grands que de nombreuses maladies de ce pays entravent le fonctionnement du foie (dengue, malaria, tuberculose, hépatites A, B et C, restreignent la fonctionnalité du foie nécessaire au métabolisme du Chloramphenicol). Il est donc incroyable que la méningite et les infections graves en général, soient traitées à l'aide de Chloramphenicol, comme l'exigent les protocoles de l'OMS.
La cause la plus fréquente de la méningite est la tuberculose. Là, le Chloramphenicol n'a de toute façon aucun effet. La deuxième forme la plus fréquente de la méningite est la méningite haemophilus. 55% des germes haemophilus sont résistants au Chloramphenicol. Ne serait-ce qu'à cause de cette résistance, le Chloramphenicol ne doit pas être prescrit sans examen préalable, d'autant plus en raison du danger inhérent à ce médicament et de ses effets secondaires mortels.
L'utilisation du Chloramphenicol se traduit alors par un génocide actif et délibérément risqué contre les enfants cambodgiens.
Un pathologie correcte ne peut et ne doit être réalisée qu'à l'aide d'installations et de laboratoires corrects qui permettent des diagnostics corrects et des traitements corrects et contrôlés. Cela n'a rien à voir avec la médecine de luxe que l'OMS, l'Unicef et d'autres organisations, les experts et les fonctionnaires, veulent bien d'habitude suggérer consciencieusement dans de nombreux médias. Il ne devrait s'agir uniquement du devoir de soigner les enfants, avec le traitement correct auquel chaque enfant a droit.
 
La tragédie du Sida. Des chances volontairement manquées.
Jusqu'en 1991 (et depuis avril 75), le Cambodge était plus ou moins une société fermée. A l'époque, il était d'usage que les jeunes hommes fassent leurs premières expériences sexuelles dans des bordels. C'était de bon ton. Le Sida était inconnu. En 1992, 14 000 soldats de l'ONU et 8000 agents administratifs sont entrés dans le pays afin d'organiser les élections de 1993 (UNTAC).
Certains contingents comptaient jusqu'à 5% de soldats séropositifs avant leur arrivée. En dépit d'innombrables interventions et propositions de programmes d'intervention et de mesures à prendre émises par les commandants des troupes sanitaires de l'ONU, toutes les mesures ont été rejetées par la direction de l'ONU (UNTAC sous la direction de M. Akashi) et de l'OMS: " on ne peut pas discriminer les individus, tous peuvent jouir des filles " (dixit Akashi). L'OMS n'a rien fait. Le Sida s'est propagé comme un feu de brousse. Au cours des cinq dernières années, l'OMS n'a toujours rien fait d'efficace. Parmi les enfants de moins de cinq ans hospitalisés à Kantha Bopha, 4% sont déjà séropositifs!!!! Les chiffres progressent. Les enfants sont contaminés verticalement par leurs mères. Ceci prouve d'une part que l'action de l'UNTAC a déclenché l'explosion du Sida au Cambodge, une explosion qui aurait dû et aurait pu être évitée par l'OMS, une organisation de l'ONU. D'autre part, l'augmentation du nombre de mères séropositives prouve que, à l'heure actuelle, on n'agit pas suffisamment contre le Sida. Parmi les enfants plus âgés, les cas de Sida sont sporadiques et causés par des transfusions incontrôlées dans des hôpitaux extérieurs.
 
Tétanos
Aujourd'hui, 29 août 1998, 9 cas de tétanos! Dont six nouveau-nés. Leurs mères n'ont pas été vaccinées quand elles étaient enfants. L'Unicef, responsable depuis des années du programme de vaccination au Cambodge, a affirmé en 1992 que Kantha Bopha ne devait pas s'occuper des vaccinations. Les programmes de vaccinations fonctionnent. Des cas graves de tétanos chez des enfants plus âgés et chez des nouveau-nés ont fait ressortir la vérité: des milliers d'enfants et des milliers de mères n'ont pas été vaccinés. En fait, les vaccins n'atteignaient que rarement la province. Les statistiques ont été falsifiées (de nombreux témoins). Les fonctionnaires de l'Unicef ont accepté cette situation (cela ne change rien à leurs salaires).
 
La peur de la vérité
L'UNICEF, à l'instar d'autres organisations, est opposée à la construction en cours de l'hôpital de Kantha Bopha III au nord du pays où sont prévus un grand centre de vaccination et de prévention, des supports de diagnostic suffisants et 180 lits. On discrédite ce projet dans les médias afin de déstabiliser les donateurs et tenter ainsi d'entraver le projet. Au nord, l'Unicef poursuit sans aucune efficacité depuis cinq ans une activité médicale Grassroots à l'échelon des districts. Neuf installations lamentables y sont à disposition des pauvres. " Nous n'avons pas besoin d'antibiotiques, les gens doivent se laver les mains pour éviter les maladies ", dixit les responsables de l'UNICEF. Et dire qu'il faut payer pour des prestations d'aide insuffisantes. La politique de la "sustainibility", de la durabilité (un mot fort apprécié des idéologues tiers mondistes occidentaux), exige que les installation lamentables s'autofinancent. On craint à présent que les installations normales de diagnostic médical, comme celles prévues pour Kantha Bopha III, dévoile la terrifiante vérité de l'état de santé des enfants, cette vérité qu'il s'agit justement de dissimuler. Si cette vérité est mise en lumière, l'activité Grassroots de l'UNICEF au nord du pays perdra toute crédibilité. L'OMS se joint à cette opposition. De même que la direction de l'aide au développement (DDC à Berne). De ce projet Kantha Bopha III en cours de réalisation, on dit: " sabotage du système de santé du Cambodge " (novembre 1997)!!
 
L'épidémie de fièvre de dengue 1998. La banqueroute évidente et notoire de la politique de la médecine pauvre pour les gens pauvres dans les pays pauvres.
Depuis six ans, l'OMS poursuit un projet sur la fièvre de dengue pour le Cambodge. L'efficacité est nulle. Cette année, le Cambodge connaît la plus grande épidémie jamais vue au monde. Rien n'a été prévu, rien n' a été mis en œuvre. L'OMS a, de janvier à août 1998, enregistré 10 000 cas de fièvres de dengue hémorragiques (FDH). Parmi eux, 7500 ont été hospitalisés dans les hôpitaux Kantha Bopha! Ils ont accourus chez nous de toutes les provinces. Pour ces 7500 enfants gravement malades, la plupart choqués, que nous avons hospitalisés, le taux de mortalité sans traitement se serait élever à 65%. Le traitement et le contrôle sont coûteux, dans de nombreux cas, les transfusions de plasma et de sang sont la seule thérapie. De plus, il s'agit souvent de déceler à temps et de traiter efficacement des infections parallèles telles que le typhus et la malaria. Nous avons réussi à faire chuter le taux de mortalité à 1,8%.
 
L'OMS travaille sur la fièvre de dengue depuis six ans, et n'a pourtant rien fait dans ce domaine, atteint aucun objectif. Simultanément, l'OMS accuse Kantha Bopha de saboter le système de santé (1995). La seule réponse à la catastrophe de dengue est une médecine correcte et contrôlée. Elle ne peut pas être bon marché et pauvre, comme se l'imaginent les fantasques du tiers monde et de l'OMS. La condition sine qua none consiste en une banque de sang qui fonctionne correctement sur place. Kantha Bopha I et II sont les seuls instituts du pays à entretenir une banque de sang correcte, qui fonctionne sans corruption. Kantha Bopha III, en cours de construction au nord du pays, disposera également d'une banque de sang et des installations de laboratoire appropriées.
7% des donneurs sont séropositifs, 12% souffrent d'hépatite B et 4% d'hépatite C. Durant le mois d'août à lui seul, nous avons effectué 1400 transfusions pour sauver des vies. Sans les longs et coûteux contrôles et tests en vue d'analyser si le sang ou le plasma n'est pas contaminé, nous aurions transmis le Sida à 100 enfants durant le seul mois de juillet. 220 enfants malades de l'hépatite! Ce travail, ces installations, ces réactifs et ces tests coûtent chers. Seulement pour les tests, chaque flacon, 50 USD! La manière dont la fièvre de dengue a été gérée souligne une fois de plus clairement la banqueroute de la politique de l'OMS, une médecine pauvre pour des gens pauvres dans des pays pauvres.
Dans de nombreux hôpitaux, les transfusions sont actuellement effectuées sans tests. D'innombrables enfants ont été ensuite transférés à Kantha Bopha dans un état grave, malades du Sida, dans des souffrances terribles, dans un état pitoyable, sans espoir. Cette problématique est délibérément escamotée par l'OMS. L'utopie d'une médecine de base pauvre à l'échelon provincial ou du district s'estompe face à ces réalités. Cette médecine laisse mourir, ou même pire, elle tue activement.
 
L'introduction du système de paiement.
La nouvelle politique de l'OMS pour les pays du tiers monde qui consiste à faire prendre en charge les coûts par le patient, est tout simplement catastrophique. Cette politique est également suivie par le DDC, " c'est la tendance globale " elle est donc évidement correcte.
On prétexte ainsi promouvoir la responsabilité du patient pour sa santé (un principe qui peut s'expliquer dans un occident cossu où les douleurs de la chirurgie esthétique et d'autres luxes sont à l'ordre du jour. On transfert ce prinicipe sans réaliser les conséquences dans les pays pauvres, en s'appuyant sur le préambule moderne: globalisation!). Un nouvel alibi qui délie de leurs propres responsabilités les fonctionnaires et les experts ainsi que les fonctionnaires partenaires au sein des ministères.
 
Kantha Bopha est gratuit pour tous. Ce qui lui vaut aussi la critique de l'OMS et du gouvernement suisse; il ne correspond pas à la tendance globale.
Le principe suprême est la durabilité. Pour tenir son standard, le système doit couvrir ses frais, les hôpitaux aussi. Pour un enfant dans la misère, qui doit être sauvé de toute urgence, cette question théorique et idéologique de durabilité, sur laquelle les experts débattent, confortablement installés dans leurs bureaux, n'a absolument aucun sens.
 
Dans l'intervalle, le ministre de la santé cambodgien a admis que tous les types de systèmes de paiement appliqués dans les hôpitaux cambodgiens n'ont fait qu'accroître la corruption ambiante.
 
Des choses horribles se produisent ... on contraint les paysans à vendre leur boeufs, tout ce qu'ils possèdent; sans présenter 50 à 100 USD, on est tout simplement pas admis à l'hôpital! Des centaines de familles paysannes, le cœur de la société cambodgienne, ont ainsi été ruinées pour finalement ne pas bénéficier de soins corrects, et mourir. Des centaines, des milliers de tragédies de ce type. Elles se jouent, jour après jour.
 
A Kantha Bopha, pour éviter toute corruption, nous versons depuis le début, soit depuis 6 ans, un salaire aux 630 collaborateurs cambodgiens de manière à ce qu'ils puissent survivre. Le revenu gouvernemental mensuel de 14 USD ne permet à personne de subsister. Il conduit à ce que les gens travaillent tout au plus deux heures à l'hôpital, soutirent discrètement de l'argent aux patients, volent des médicaments pour survivre. Kantha Bopha n'est pas contaminé par cette corruption qui règne dans tous les hôpitaux. Chaque patient est traité gratuitement et correctement. Le personnel travaille toute la journée et sont de garde tous les 4 ou 5 jours.
 
Nous appelons l'OMS, à abandonner ce principe de paiement inadmissible, qui n'accorde aucune chance aux pauvres (90% de la population) et est responsable génocide de ces pauvres, à cause de ce principe qu'elle impose au gouvernement.
Il y a suffisamment d'argent dans ce monde qui se veut global. Avec le seul budget de l'OMS, 800 millions USD, on pourrait construire 200 centres Kantha Bopha et les exploiter éternellement. 200 centres où tous les patients pourraient être soignés gratuitement, sans se ruiner. Mais 85% du budget de l'OMS aboutit dans les poches de l'administration. Il en va de même dans les autres organisations. Le budget annuel total de Kantha Bopha I et II s'élève à 7,5 millions USD. Seul 3% concernent l'administration (RP inclus).
 
Appel urgent à l'OMS et à ses organisations et institutions complaisantes.
La politique de la médecine pauvre pour des gens pauvres dans des pays pauvres aboutit à un génocide passif des enfants cambodgiens.  
Il y a quatre ans, en septembre 1994, j'ai émis pour la première fois des critiques de ce type. En réaction, l'OMS a adressé en mars 1995 et en août 1995 une lettre équivoque à l'ensemble du gouvernement cambodgien pour inviter et presser le ministère de la santé cambodgien à faire taire et à diffamer Kantha Bopha. Voici ce qu'elle contient: " subversion de l'état, subversion du système de santé, non respect des protocoles (des faux!), formation d'un état dans l'état, pression sur le personnel cambodgien par les salaires, appât des patients par l'argent!!! (nous donnons aux familles les plus pauvres de province de l'argent pour la nourriture et pour le trajet souvent très long), etc. ". Ça n'a pas fonctionné! Le gouvernement n'a pas répondu! Kantha Bopha reste la seule espérance pour les enfants cambodgiens! C'est également l'avis de toutes les factions politiques du Cambodge. Pour tous les enfants, qu'ils soient riches ou pauvres.
Le ministre de la santé a également exprimé à plusieurs reprises au cours des deux dernières années son approbation et sa reconnaissance explicites, se distançant ainsi de la démarche scabreuse de l'OMS et d'autres experts. J'ai reçu de plus en plus souvent de lettres et de messages de médecins qui travaillent dans d'autres pays pauvres. Elles font part de situations similaires en ce qui concerne l'approche de la tuberculose et des autres maladies infectieuses, une approche qui conduit au génocide passif des enfants.
Les ministres de la santé et les médecins de la région voisine visitent de plus en plus fréquemment Kantha Bopha et témoignent très clairement, à l'appui de leurs propres expériences, que la politique néocolonialiste de l'OMS ne porte pas de fruits. Ils souhaitent que leurs enfants puissent bénéficier de centres comme Kantha Bopha.
 
Nous appelons tous les responsables, experts et fonctionnaires, à modifier immédiatement et sans équivoque la politique et la stratégie de la médecine pauvre pour les gens pauvres dans les pays pauvres et de réaliser et de garantir pour chaque enfant le traitement correcte auquel il a droit.

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